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Au fil de l'Aisne
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Le Creusot. L'empire de la famille Schneider

 

Au coeur du bassin houiller de la Saône-et Loire, le village Le Creusot a pris son essor  vers 1770.

En 1836, les frères Adolphe et Eugène Scheider  font l'acquisition de tous les bâtiments du Creusot et créé la société Schneider frères et Cie.
En 1862 la ville augmente sa superficie de 1 300 hectares
En pleine révolution industrielle, grâce aux chemins de fer les forges produisent à grand régime et  les frères Schneider de main de maître développent  très rapidement leur ville usine et exportent leur production dans le monde entier. 
Les usines du Creusot avec ses hauts fourneaux, forges et ateliers de construction, façonnées le fer , la fonte et l'acier et fabriquées locomotives, rails et divers matériels de chemin  de fer,  infrastructures pour les édifices et ponts, canons et tous matériels d'armement...
Quatre générations de la famille Schneider ont régné durant un siècle en occupant en parallèles des postes de maire, conseiller général, député, ministre.

Ils créent un véritable empire. Des logements, loisirs, écoles, hôpital voient le jour mais également les grèves
Le Creusot à connu les plus grands conflits sur le territoire français avec à plusieurs reprises l'intervention de l'armée.

Le Creusot.  1 - Château de la Verrerie, résidence des Schneider 
2 - Eglise Saint-Laurent 
3 - Hauts fourneaux 
4 - Forge et ateliers de construction
5 - Canal ou était acheminé le fer et le charbon jusqu'en 1860
6 - Cité ouvrière

 

LE MARTEAU PILON A VAPEUR DE 100 TONNES

Le Creusot. Marteau pilon
Vers 1880

Le Creusot. Marteau pilon

Le Creusot.Marteau pilon
source Lesley Williamson

Mis en service en 1877, le marteau pilon du Creusot fut jusqu'en 1891 le plus puissant du monde. 
Le bruit émis par la violence de ses coups était entendu à 10 km à la ronde.
D'un poids total de 545 tonnes pour une hauteur de 21 mètres, sa force de frappe était de  500 tonnes. 
Démonté dans les années 1930, il parade depuis 1969 à un carrefour au sud de la ville.

Le Creusot:  Démographie
Vers 1750: une centaine d'habitants
Vers 1800: 1 500 habitants
Vers 1840: 2 700 habitants

Vers 1870: 20 000 habitants et 10 000 ouvriers
En 1900: 30 500 habitants

 

GUY DE MAUPASSANT arrivant par le train au Creusot
« Là-bas, devant nous, un nuage s’élève tout noir, il semble monter de la terre.
C’est la fumée du Creusot. Cent cheminées géantes vomissent dans l’air des serpents de fumée noire, d’autres crachent de la vapeur blanche. Tout cela couvre la ville, emplit les rues, cache le ciel. Il fait presque sombre maintenant. Une poussière de charbon pique les yeux, tache la peau, macule le linge. Les maisons sont noires, les pavés sont noirs, les vitres poudrées de charbon. Une odeur de cheminée flotte dans l’air, avec parfois une saveur de fer, de forge, de métal brûlant qui coupe la respiration. C’est le Creusot. C’est le royaume du Fer, où règne sa majesté le Feu ! »
Source: Le journal Gil Blas en 1883

 

LE CREUSOT ET LES EXPOSITIONS UNIVERSELLES

Paris 1900

Le Creusot. L'empire de la famille Schneider

Le Creusot. Canon

Le pavillon Schneider, Le Creusot était situé le long de la Seine sur la rive gauche

L'immense  dôme faisait 43m de diamètre et était surmonté d'un campanile de 12m  de diamètre. Des canons de différentes tailles rappellent la fortification d'un fort cuirassé.
Au sous-sol  se trouvaient les locomotives, au rez-de-chaussée dans la coupole le matériel d'artillerie et dans le campanile une exposition de cartes, plans et photographie.

 Paris 1878

    Le Creusot. L'empire de la famille Schneider
Le pavillon du Creusot était installé au Champ de Mars. En extérieur une réplique en bois du marteau pilon grandeur nature était exposé.
Le Creusot. L'empire de la famille Schneider

 

EXTRAIT "LE CREUSOT EXPLIQUE A DEUX ENFANTS du Livre de G. Bruno de 1877 " Le tour de France de deux enfants"

Le Creusot. L'empire de la famille Schneider 





















Le Creusot est ainsi appelé parce qu'il est situé dans le creux
d'une vallée. Là c'est établie une des plus grandes usines

de l'Europe, dont on voit dans la gravure les cheminées
fumer. Autour de l'usine s'est bientôt groupée toute une population d'ouvriers: une ville s'est ainsi formée, qui
compte maintenant 32 000 habitants et s'accroit sans
cesse.

Le Creusot. L'empire de la famille Schneider
Un haut fourneau. - Les hauts fourneaux sont des
espèces de tours qu'on remplit par le haut de minerai
de fer. Une fois que le haut fourneau est allumé, on
le remplit jour et nuit sans interruption pour avoir
la plus grande chaleur possible, jusqu'à ce que les 
murs usés se fendent et éclatent A mesure que le fer
se fond, il tombe en dessous, dans un réservoir

 Le Creusot.
Ouvriers coulant la fonte dans un moule. - Cet énorme
vase en tôle qui est suspendu à une grue, et que manient
à grand peine deux ouvriers, peut contenir des milliers
de kg de métal fondu. On verse le métal dans une ouverture
qui communique avec un moule creux placé sous la terre.
Ainsi se fondent les cloches, les canons et tous les gros
objets en fer ou en fonte.
 

« Après une longue journée de marche le petit Julien tendit les bras :
« - Oh ! voyez, monsieur Gertal ; regarde, André ; là-bas, on dirait un grand incendie ; qu'est-ce qu'il y a donc?
» Tous écoutèrent immobiles. Dans le grand silence de la nuit on entendait comme des sifflements, des plaintes haletantes, des grondements formidables. « Nous sommes en face du Creusot, la plus grande usine de France et peut-être d'Europe. Il y a ici quantité de machines et de fourneaux, et plus de 10 000 ouvriers qui travaillent nuit et jour . C'est de ces machines et de ces énormes fourneaux chauffés continuellement que partent les lueurs et les grondements qui nous arrivent. Il y a 3 grandes usines distinctes dans l'établissement du Creusot : fonderie, forges et ateliers de construction et mines ; mais voyez, ajouta-t-il en montrant des voies ferrées sur lesquelles passaient des locomotives et des wagons pleins de houille, chacune des parties de l'usine est reliée à l'autre par des chemins de fer; c'est un va-et-vient perpétuel. 
Examine d'abord, en face de toi, ces hautes tours de 15 à 20 mètres : ce sont les hauts fourneaux. Une fois allumés, on y entretient jour et nuit un feu d'enfer. C'est pour fondre le minerai de fer. Quand le fer vient d'être retiré de la terre par les mineurs, il renferme de la rouille et une foule de choses, de la pierre, de la terre ; pour séparer tout cela et avoir le fer plus pur, il faut bien faire fondre le minerai. A cette chaleur énorme, le fer et les pierres deviennent liquides, mais le fer, qui est plus lourd, se sépare des pierres et tombe dans un réservoir situé au bas du haut fourneau. Les hauts fourneaux du Creusot produisent ainsi chaque jour plus de 500 000 kg de fonte. » Quand on eut bien admiré la fonderie, on passa dans les grandes forges. Saisissant de longues tenailles, les ouvriers retiraient des fours les masses de fer rouge ; puis, les plaçant dans des chariots qu'ils poussaient devant eux, ils les amenaient en face d'énormes enclumes pour être frappées par le marteau. Mais ce marteau ne ressemblait en rien à un marteau ordinaire c'était un lourd bloc de fer qui, soulevé par la vapeur entre deux colonnes, montait jusqu'au plafond, puis retombait droit de tout son poids sur l'enclume 
« - Regarde bien, Julien, dit M. Gertal : voici une des merveilles de l'industrie. C'est ce qu'on appelle le marteau-pilon à vapeur, qui a été fabriqué et employé pour la 1e fois dans l'usine du Creusot où nous sommes. » On parcourut les ateliers de construction où se font chaque année plus de 100 locomotives; des quantités considérables de rails, des coques de bateaux à vapeur, des ponts en fer etc. « - Voyons maintenant les mines de houille, dit M. Gertal. Tout le bruit, tout le mouvement que tu vois ici est l'image du bruit et du mouvement qui se font également sous nos pieds dans la vaste mine de houille.
Sous la terre où nous marchons, sous cette ville de travail où nous sommes, il y en a une autre non moins active, mais sombre comme la nuit. On y descend par 10 puits différents. Il ont 200 mètres environ de profondeur, et on le creuse de plus en plus. Tout le long du puits on rencontre des galeries sur lesquelles il donne accès. Cette ville souterraine renferme des rues, des places, des rails où roulent des chariots de charbon que les mineurs ont arraché à coups de pic et de pioche. C'est ce charbon qui alimentera les grands fourneaux que tu as vus, c'est lui qui mettra en mouvement ces machines qui sifflent, tournent et travaillent sans repos. Puis, quand à l'aide de ce charbon on aura fabriqué toutes les choses que tu as vues, on les expédiera par le canal du Centre sur tous les points de la France ».                                                         

 Le Creusot.
Le marteau pilon à vapeur.
On emploie maintenant, pour la construction des 
ponts en fer ou des grandes machines, des pièces
de métal tellement grosses, qu'aucun marteau mû
par une main d'homme ne pourrait les façonner.
Pour les forger, on a inventé l'énorme marteau
pilon que la vapeur met en mouvement et qui peut
frapper depuis 200 jusqu'à 500 coups par minute. 

FIN DE LA DYNASTIE SCHNEIDER AU CREUSOT
en images


Le Creusot.
Le Creusot.
Le Creusot. L'empire de la famille Schneider Le Creusot
Le Creusot. Le Creusot.
Le Creusot.  Le Creusot.



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